Cedars | Hanibal Srouji

Hanibal Srouji utilise ici l'emblème de sa nation, le cèdre, comme une allégorie de la destruction du Liban. Totalement détachés de leur environnement naturel et physique, les cèdres sont métaphoriquement utilisés par l'artiste dans le titre de cette peinture, sur laquelle Srouji reporte son expérience de la guerre du Liban.

De cèdres, on peut percevoir uniquement cette forêt de vert aux premiers plans, avec, à l'horizon, le ciel à l'aurore ou peut-être la mer, comme lorsque l'on est sur les montagnes libanaises et que l'on voit la mer au loin.

Cet horizon peut alors être perçu comme un idéal, un soleil qui se lève sur un nouveau jour, de nouvelles expériences, tandis qu'au premier plan, si l'on inspecte la toile avec attention, on remarque des trous comme des impacts de balles avec autour des traces de brûlures. Hanibal Srouji en perçant la toile, veut nous atteindre en plein cœur, nous rappelant le contraste de la nature avec la brutalité de la guerre.

Cette œuvre fait partie d'une série de tableaux réalisés par l'artiste voulant évoquer les vois bâtiments infirmes de la capitale libanaise. En effet, le spectateur retrouve les éclats des bombardements sur les murs, figurés ici avec passion, contrastant une fois de plus avec les tons pâles et poétiques de la toile.

Dans certaines parties, l'artiste a répandu l'acrylique sur la toile avec ses mains, alors qu'à d'autres endroits, il a utilisé un chalumeau pour créer des lignes de brûlures, de frontières.

Une fois encore, il oppose la douceur de vivre au Liban, l'amour de son pays avec ses impressions de blessures structurelles et émotionnelles dues au conflit, donnant à ses peintures une dimension plus intime.

Certaines personnes y retrouvent les nymphéas de Monet ou de Joan Mitchell. Nous pouvons y voir le mélange de la destruction et de la construction avec ses particules noires dans le ciel, à la fois brûlures ou pistils de fleurs qui vont de nouveau donner naissance à d'autres fleurs, expliquant l'éclair central du tableau qui signifie l'avenir.