Chinese Man, Orange | Jean Michel Basquiat

Chinese Man, Orange 1981 Peinture | 93 x 124 cm

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La carrière artistique de Jean-Michel Basquiat se divise en trois phases spécifiques et particulièrement significatives. Celle qui nous intéresse ici est la première, située entre 1980 et 1982, marquée par l'obsession de l'artiste pour la mort : ces œuvres sont remplies de profils squelettiques et de visages dissimulés.

C'est à cette époque qu'il peint Chinese Man, orange : la silhouette noire, tel un pantin inanimé, les traits bruts incisifs et primitifs portent sur la toile un monde " underground " et symbolique.

Ce tableau a été réalisé par Basquiat, à la suite de sa rencontre avec un garçon chinois qui lui avait demandé de participer à une séance de peinture. L'artiste encourage alors le jeune homme à écrire son nom plusieurs fois sur un morceau de papier qu'il appliquera ensuite sur la toile. En effet, Jean-Michel Basquiat, pendant cette période, utilise souvent la technique du collage, afin d'insérer dans ses œuvres des poèmes et des textes qu'il écrit en parallèle ; ici, c'est la calligraphie du garçon qui anime le tableau.

Les couleurs rouge et orange du tableau sont chaudes, et représentent un épisode de la vie du jeune garçon dans son quartier.

Basquiat a en effet vécu sa jeunesse dans les quartiers pauvres de Brooklyn, et lorsqu'un incendie prend feu, c'est souvent toute la maison qui s'envole en fumée. Ici, l'artiste montre donc cet enfant chinois qui a échappé aux flammes.

L'identité raciale est d'autant plus forte que le toit de la maison qui abrite l'enfant est similaire à la forme de son chapeau, emblème identitaire au même titre que les sacs sur le balancier et les pictogrammes, autres symboles de la communauté asiatique.

Enfin, les coups de pinceau, verticaux et bien marqués, soulignent la force artistique de Jean-Michel Basquiat, et rappellent son passé de street artist, quand il peignait sur les murs de New York.