Hong Kong Stock Exchange Ii | Andreas Gursky

Hong Kong Stock Exchange Ii 1998 Photographie | 319 x 207 cm

Découvrez la biographie et toutes les œuvres de l’artiste
Dans quelques jours, nous vous apporterons des explications sur l'oeuvre. En attendant, nous vous laissons vous en imprégner. 

INTERVIEW | Nicolas Courbon Responsable table de négociation

Carmignac Gestion, Paris

Depuis combien de temps travaillez-vous entouré d'œuvres d'art contemporain dans votre environnement professionnel ? NC : C'est un peu nouveau pour moi puisque cela fait deux ans exactement, depuis que je suis entré chez Carmignac Gestion. En réalité, lorsqu'on arrive la première fois dans ces bureaux, on n'ose même pas regarder les œuvres parce qu'on est là pour autre chose. Mais on les découvre avec le temps. Certaines accrochent vraiment le regard. La présence de ces œuvres, souvent impressionnantes, vous a-t-elle donné envie de fréquenter plus souvent les musées et les centres d'art ? NC : Je suis assez sensibilisé à l'actualité artistique parce que ma femme travaille dans le monde de l'art. Elle m'emmène régulièrement dans les musées ou voir des expositions. Mais, je n'y connais pas grand-chose et les œuvres qui me plaisent, je les aime de manière intuitive. C'est amusant parce que je me suis promené cette année à Paris Photo où j'ai été séduit par une photo que j'ai retrouvée ensuite dans le bureau d'un collègue la semaine d'après. C'est celle que j'aurais achetée si j'avais pu. Vous avez choisi de parler de la photo d'Andreas Gursky, " Hong Kong Stock Exchange " (1998) qui se trouve dans une des salles de réunion. NC : Oui, elle représente la Bourse de Hong Kong. Ce qui m'a attiré c'est sa couleur dominante, le rouge. Je travaille avec les marchés et dans mon métier les couleurs sont importantes. Le rouge représente les marchés qui baissent et le vert les marchés qui montent. Lorsque je suis tombé sur cette photo avec toute une salle des marchés en rouge, ça m'a marqué et je me suis dit que ce n'était pas anodin. De plus j'ai travaillé moi aussi sur les marchés à la criée, notamment au palais Brongniart, dans une ambiance qui n'a rien à voir avec la photo et c'est cette différence-là qui me fascine. Sur la photo de Gursky, il n'y a pas vraiment de vie alors que, justement, sur un marché à la criée, il y a du mouvement. En plus, sur la photo, les gens ont tous la même veste alors qu'à la criée on est tous différenciés par des jeux de couleur. Cette photo est très belle. Elle est immense ! Il y a à peu près mille personnes présentes, c'est hallucinant ! Quelles autres réflexions cette photographie déclenchent-elle chez vous? NC : Quand on voit cet univers si formaté, on se demande quel est l'intérêt du métier. C'est drôle de constater comme tout est impeccablement rangé. En réalité, une salle de marché, c'est très différent : ça bouge, c'est vif, c'est actif ! Peut-être que Hong Kong est un peu en avance sur nous et que c'est le devenir de nos salles de marché ? Un photographe, c'est un "œil" ; à votre avis, pourquoi Andreas Gursky s'est-il intéressé à cet endroit ? NC : C'est sûrement une volonté de montrer la différence de culture : la façon qu'ont les chinois d'appréhender leur travail. Tout est propre et nickel. Si on compare avec une salle de marché en Europe et aux Etats-Unis, c'est le jour et la nuit ! L'artiste ne veut-il pas montrer que la structure spatiale d'un lieu, son organisation est le reflet d'une structure mentale ? NC : Je crois qu'Andreas Gursky a fait plusieurs photos de salles de marché, mais je ne les ai pas vues et je ne sais pas s'il a toujours cherché à donner la même impression. Cette photo de 2m sur 3 est impressionnante, et majestueuse, tous les gens sont réunis au milieu de l'espace mais en même temps très isolés car ils parlent chacun avec un micro... Pensez-vous qu'il existe un rapport entre l'art contemporain et le monde de la finance ? NC : Avec la façon dont il est pratiqué chez Carmignac Gestion, oui, très certainement ! On est une société qui se démarque des concurrents parce que l'on a une gestion assez libre, assez créative, tout en étant attentifs et sérieux. Propos recueillis par Elisabeth COUTURIER