Lilith | Lottie Davies

Lilith 2010 Photographie | 120 x 231 cm

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Tirée de la série Myths, cette photographie représentant Lilith s’inspire du tableau éponyme du peintre préraphaélite anglais John Collier. Dans le folklore juif, cette femme est une sorte de démon mythologique et la toute première femme d’Adam, avant Eve. Du même format vertical que la peinture de John Collier, la photographie diffère du tableau dans le mouvement de la femme et du serpent : tandis que le peintre fait s’enrouler en spirale le serpent autour de la femme et que sa tête repose avec langueur sur l’épaule de Lilith, Lottie Davis met un peu plus d’écart entre les deux personnages et la tête du serpent est dirigée vers l’extérieur, comme un rappel à la réalité, accentué par l’éclairage artificiel et les couleurs saturées.

Cette série présente une thématique proche de la série suivante de l’artiste, Light in the trees, dont le cadre est l’intimité d’une forêt éclairée par des lanternes. Dans sa dernière série Memories And Nightmares, la photographe met en scène avec des couleurs toujours aussi éclatantes des souvenirs personnels. Ainsi la photographe explore l’inconscient collectif, remontant jusqu’à l’antiquité, et les petits souvenirs qui constituent l’imaginaire individuel. Dans la série Unseen World, projet conçu par Sean Johnson, membre de l’Association des photographes à Londres, ce dernier envoie à cinq photographes (dont Lottie Davies) un rouleau de pellicule périmé accompagné d’une enveloppe dans laquelle se trouve le sujet du travail qu’ils auront à réaliser avec ce rouleau. Lottie Davies doit se remémorer de la première fois qu’elle a tenu un appareil photo entre ses mains et décide de revenir sur le trajet vers son école, en traversant jardins et forêt.

Née à Guildford, au Royaume-Uni, en 1971, Lottie Davies est diplômée en philosophie. Pendant ses années universitaires, elle participe aux activités théâtrales et travaille à la réalisation de costumes, la gestion de la scène et la photographie des représentations. Après ses études elle déménage à Londres, sa ville actuelle, et y travaille comme assistante photographe. Ses clichés ont été utilisés pour des journaux, des magazines, des livres et la publicité. Elle a reçu de nombreux prix dont celui de l’Association of Photographers, l’International Color Award et le Schweppes Photographic Portrait Award, le premier prix des Taylor Wessing Photographic Awards en 2008, et le Prix Arte Laguna à Venise en 2011. Bien que principalement inspirée par le cinéma, la peinture (qu’elle aurait souhaité maîtriser) et la littérature, elle admire le travail de Sally Mann « Immediate Family », la précision d’Ansel Adams, la sensibilité d’Eve Arnold ou encore l’approche sociale de Joel Sternfeld.

Pour John Collier, la superstition, vue comme la plus dégradée des croyances, est tout aussi universelle. Lottie Davies présente ici un mythe ancien remis au goût du jour, entre l’idéalisation et l’esthétique des couleurs et des textures, tout en laissant une ouverture pour une nouvelle lecture, hors du cadre traditionnel.