Purim Tel Aviv | Pavel Wolberg

Purim Tel Aviv 2007 Photographie | 100 x 150 cm

Découvrez la biographie et toutes les œuvres de l’artiste

INTERVIEW | Yon Elosegui Dir. commercial Espagne et Portugal

Carmignac Gestion, Madrid

Depuis combien de temps travaillez-vous chez Carmignac gestion et quel rapport entretenez-vous avec les œuvres d’art qui se trouvent accrochées dans les locaux ?

YE : Cela fait cinq ans que je travaille chez Carmignac Gestion, j’ai eu le plaisir de travailler d’abord à Luxembourg pendant trois ans, entouré d’œuvres d’art. Je suis à Madrid depuis deux ans où nous avons deux photos de Pavel Wolberg. Mais je sais que nous allons bientôt enrichir encore nos murs. 

Vous êtes donc plutôt demandeur ? Etiez-vous déjà un amateur d’art contemporain ?

YE : Oui, je suis très demandeur ! Malheureusement, je ne dirais pas que je suis un amateur d’art contemporain. Mais je suis curieux et je crois qu’il est possible d’aimer l’art sous toutes ses formes. J’ai la chance, à Madrid, de vivre près du Prado où j’emmène mes petites filles. Elles se contentent de regarder les enfants dans les tableaux de Velàsquez ou de Goya, deux grands maîtres espagnols qui ont peint des œuvres fascinantes.

Vous aimez visiter les musées ?

YE : J’aimerais y aller plus souvent et inculquer ce plaisir à mes enfants. Quand j’y vais, je procède de la manière suivante : Je fais un premier tour pour voir quelles sont les émotions que les œuvres déclenchent en moi. Ensuite, je refais un deuxième tour pour approfondir. J’utilise volontiers les audio-guides pour comprendre les œuvres.

Etre en compagnie d’œuvres d’art au quotidien, comme, ici, au siège de Carmignac Gestion, est-ce que ça rend l’art contemporain plus compréhensible ?

YE : Oui, avec le temps, on découvre une multitude de détails. Parfois, lorsque des gens viennent dans les bureaux, il arrive qu’ils fassent des remarques et soulèvent de nouveaux aspects de l’œuvre. C’est comme prendre le même chemin dans une ville tous les jours : on découvre chaque fois de nouvelles choses. C’est donc un privilège de travailler dans une entreprise qui témoigne autant de respect pour l’art et qui nous permet d’en profiter tous les jours.

Faites-vous des rapprochements entre votre métier et l’art contemporain ?

YE : Nous possédons une culture d’entreprise assez forte basée sur la création et l’innovation, deux éléments qui sont stimulés dans l’art contemporain. Chez Carmignac Gestion, on investit dans le monde entier ; or toutes ces œuvres sont signées par des artistes de toutes origines. Voir des œuvres ouvre l’esprit : les artistes sont précurseurs, ils ont une vision critique des choses et ils envisagent, aussi, l’évolution future. Chez Carmignac notre objectif est également d’anticiper un certain nombre de choses comme l’évolution des marchés, et surtout, celle du monde.

Pouvez-vous me décrire les deux photos de Pavel Wolberg que vous avez choisies et que vous trouvez fortes parce que choquantes ?

YE : Oui, on voit, au centre une jeune femme avec un costume de wonder-woman appuyée sur une voiture : est-ce une prostituée ? Au premier plan, il y a un homme cagoulé, on pense tout de suite à un terroriste. On imagine que la scène se passe au Moyen-Orient. On se rend vite compte que ce sont des déguisements, que c’est une scène de fête, en Israël en l’occurrence. C’est en même temps étrange et surprenant de voir cette foule désordonnée, tous ces gens qui se baladent sans prendre en compte les personnes déguisées. C’est une ambiance très jeune, sans tabou. Sur la deuxième photo, on voit une scène de la vie de tous les jours. Un jeune garçon, qui a une dizaine d’années, tient une tête de mouton pleine de sang dans les mains et regarde en arrière avec une totale désinvolture. Il est prêt à enfourner la tête de l’animal dans un sac plastique. Il y a aussi un monsieur qui a l’air plutôt menaçant avec son couteau. Il s’agit, probablement d’une scène de travail dans un abattoir... C’est choquant pour nous, du moins pour moi, spectateur, alors que, pour eux, c’est une scène de vie banale comme l’indiquent leurs visages.

Est-ce que vous avez cherché à vous renseigner sur l’artiste Pavel Wolberg ?

YE : C’est un photojournaliste. C’est quelqu’un qui a envie d’être dans l’action et, avant tout, de transmettre ce qu’il voit. Il est russe et il a vécu à Tel Aviv, mais, il n’a jamais réussi à intégrer la culture israélienne. Je crois qu’il se sent déraciné. Son intérêt pour les cultures différentes pourrait venir du fait qu’il se sent citoyen du monde.

Est-ce que vous pensez qu’avoir des œuvres contemporaines participe à l’élaboration d’un certain standing pour une société de gestion ?

YE : Je crois, surtout, que c’est synonyme d’une façon différente de penser et de voir les choses. Donc si nos clients et nos interlocuteurs qui viennent dans nos bureaux ressentent des émotions et pensent qu’ils sont dans un lieu différent, c’est parfait.

Qu’est-ce que vous attendez de l’art en général ? Quel rôle doit avoir l’artiste dans la société ?

YE : J’attends soit une émotion soit une réflexion ou les deux. Une émotion qui peut-être basée sur les émotions de l’artiste et sur celles qu’il a voulu transmettre à travers ces œuvres. Et une réflexion quand il s’agit d’une démarche plus intellectuelle. Chez Carmignac un certain nombre d’œuvres peuvent être perçues comme choquantes car elles peuvent être interprétées selon différents points de vue. L’art, nécessite une ouverture d’esprit.

Propos recueillis par Elisabeth COUTURIER