Verwoest Huis 2 | Marjan Teeuwen

Verwoest Huis 2 2009 Photographie | 152 x 183 cm

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Verwoest huis 2 ou “Maison démolie 2” est le titre de cette photographie prise par l’artiste visuelle hollandaise Marjan Teeuwen. La composition de ce cliché est savamment calculée : le cadrage est centré, la composition est guidée par des axes symétriques. Le calme se dégage de cette prise de vue horizontale, face à laquelle le spectateur a une vision d’ensemble sur cet intérieur démoli puis reconstitué par l’artiste à l’aide d’assistants divers, pouvant nécessiter jusqu’à l’intervention d’architectes professionnels. 

La méthode de l’artiste consiste à recomposer des espaces abandonnés ou en voie de démolition, en détruisant tout ce qui le compose puis en réassemblant ces éléments en fonction de leur utilité, couleur ou texture. Dès le début des années 2000, l’artiste a continuellement expérimenté le remplissage d’intérieurs avec des objets. Elle a ainsi fait progresser cette accumulation symbolique à travers ses séries Living Room (2002-2005), Archive (2006-2008) et Krasnoyarsk (2009), pour commencer dès 2008 à s’attaquer à l’invasion de bâtiments et donner naissance à sa série Destroyed House (2009).

Elle commence par une vision plus d’intérieur, non sans clin d’œil aux thématiques de la peinture hollandaise du XVIIe siècle, mais l’on retrouve également une continuité particulièrement forte avec le travail de Gordon Clark-Matta. On peut retrouver dans ses œuvres tantôt les labyrinthes du Piranèse, la transcendance de la matière par Malévitch ou les peintures monochromes de Louise Nevelson. Les créations de Teeuwen sont dignes du mythe de Sisyphe ; elle déploie une énergie débordante apporter de la beauté dans ce qui ressemble à un terrain vague sans intérêt et condamné à l’oubli ou à la destruction.

 Née en 1953, à Venlo, Pays-Bas, Marjan Teuween travaille plusieurs médiums : la vidéo, la photographie, l’installation. A l’occasion de son intervention dans la ville de Krasnoyarsk, en Sibérie, elle reçoit le Grand Prix de la biennale de 2009. Il est possible de voir dans ses œuvres non seulement un travail esthétique inspiré par la Renaissance (une fenêtre ouverte sur le monde) mais aussi une réflexion sociale sur l’accumulation consumériste qui aboutit à l’étouffement. Une autre interrogation, d’ordre plus spirituel porte sur les limites floues entre la vie et la mort, à travers les blocs noir cendre ou blanc de marbre, ou l’élévation à partir de la décadence et les décombres.