Ouverte à de nombreuses tendances artistiques, la collection Carmignac rassemble les œuvres de personnalités fortes qui, au-delà de partis pris esthétiques singuliers, partagent une vision différente de l’art et du monde, une clairvoyance et une audace qui touche parfois à la provocation. Elle est en cela intimement liée à la personnalité de notre Président.

C’est guidé par son ouverture d’esprit et sa passion pour des propositions novatrices qu’Edouard Carmignac a d’abord porté son attention vers les artistes du pop art américain tels que Roy Lichtenstein et Andy Warhol. Energie et irrévérence du choix. Au portrait de Mao, image puissante, vibrante d’irradiants coups de pinceau, répond un glacé portrait de Lénine, impénétrable surface peinte. Les deux tableaux cohabitent aujourd’hui dans le bureau de notre Président, l’impertinent accrochage semblant faire écho au provocateur artiste qui peignait des dictateurs avec des couleurs fluorescentes et comparait les centres commerciaux aux musées.

Même irrévérence du regard dans la passion de notre Président pour la scène new-yorkaise de Downtown qu’il fréquente au début des années 1980. Dans l’effervescence de cette époque devenue mythique, il se prend de passion pour les œuvres de Keith Haring, Francesco Clemente ou Jean-Michel Basquiat, quand seules quelques galeries acceptent alors d’exposer leurs œuvres. La sympathie qui unit Edouard Carmignac et Basquiat est aujourd’hui célèbre. Plusieurs tableaux et un portrait exécuté par le jeune artiste encore inconnu portent le témoignage vigoureux et émouvant d’un dialogue interrompu sur les liens entre l’art et la rue, la nécessité de se défaire d’idées préconçues, d’affirmer des positions marquées, de battre les tabous en brèche, …

Fidèle à l’esprit pionnier et aux valeurs d’anticipation qui l’ont vu naître, la collection Carmignac a grandi au fil des années, dans un même élan que la société Carmignac. Exposée dans les bureaux, aux côtés de collaborateurs de la Société, elle porte haut aujourd’hui l’exigence d’ouverture, de liberté et d’attention à l’état du monde qu’Edouard Carmignac a souhaité lui transmettre. La photographie, le photojournalisme en particulier, la tient en alerte. Sa recherche constante de personnalités artistiques fortes l’oriente vers un soutien affirmé à une création libre et indépendante, jusque dans des contextes peu favorables à la liberté d’expression. C’est ainsi tout naturellement que la Fondation porte aujourd’hui son regard vers une nouvelle génération d’artistes issus des pays émergents qui assument une vision lucide et incarnée de leur propre monde.

Le parti pris peut être celui d’une interrogation frontale de la condition humaine, un appel, ainsi les œuvres des asiatiques Dinh Q. Le, Leang  Seckon et Li Tian-Bing, de l’iranienne Shirin Neshat ou du libanais Ayman Baalbaki. Il est aussi parfois celui d’un tour de force d’ironie, comme chez Marcos Lopez, pop latino démystifiant les emblèmes - et les dérives - de la société de consommation. Il porte souvent un appel à l’émerveillement, un refus du suivisme et du désenchantement que montrent, par exemple, les œuvres précieuses de Miguel Rothschild. Trente ans après sa naissance, la collection Carmignac conserve cette jeunesse du regard qui anime aujourd’hui l’Amérique du Sud, l’Asie ou l’Orient.

C’est dans ces œuvres d’une indéniable  force et poésie, que se terre le projet d’installation de la Fondation Carmignac sur l’île de Porquerolles, où création artistique et œuvre de la nature rencontreront bientôt le public.