Robin Hammond est un photojournaliste free-lance originaire de Nouvelle-Zélande et membre de l'agence Panos depuis 2007.

Lauréat de quatre prix du reportage humanitaire d'Amnesty International, il a eu l'occasion de se rendre dans plus de 50 pays depuis le début de sa carrière, la plupart du temps pour rendre compte des dramatiques conditions de vie des hommes à travers le monde ou du non-respect de notre planète.

Après avoir habité au Japon, au Royaume-Uni et en Afrique du Sud, Robin Hammond réside actuellement à Paris. Il avait passé auparavant huit ans au Royaume-Uni, collaborant à de nombreux titres de presse à l'international et se mettant au service de différentes organisations non gouvernementales.

Néo-Zélandais. Né en 1975 en Nouvelle-Zélande. Vit et travaille à Paris, France. Website

Exposition

Chapelle des Beaux-arts de Paris
14 rue de Bonaparte, 75006 Paris

Du 9 Novembre au 9 Decembre, 2012
Mardi au Samedi de 11h00 à 19h00.

Entrée gratuite

ZIMBABWE, your wounds will be named silence by Robin Hammond

"ZIMBABWE, your wounds will be named silence"

publié par Actes Sud

Bilingue Français/Anglais

jury

Présidé par Susan Meiselas, présidente de la Fondation Magnum à New York, le jury de la 3e édition est composé de :

  • Massimo Berruti, photographe documentaire, lauréat du Prix Carmignac Gestion du photojournalisme 2010
  • Sophie Bouillon, journaliste, Prix Albert Londres 2009
  • Christian Caujolle, journaliste, commissaire d'exposition et fondateur de l'agence et de la galerie VU'
  • Philippe Guionie, photographe documentaire, Prix Roger Pic 2008
  • Françoise Huguier, photographe, commissaire de Photoquai 2011
  • Yacoubé Konaté, professeur à l'Université d'Abidjan et critique d'art
  • Alessandra Mauro, directrice artistique du Centre International de la photographie à Milan
  • Patrick de Saint Exupéry, rédacteur en chef de la revue XXI
Poster de Mugabe (1)
Poster de Mugabe

Le reportage de Robin Hammond [Extrait]

Le 18 avril de cette année, le Zimbabwe a célébré ses 32 ans d’indépendance. Un évènement normalement joyeux, mais dont en réalité peu de Zimbabwéens avaient de raisons de se réjouir. La liberté promise 30 ans plus tôt ? Aujourd’hui une situation d’oppression. La démocratie pour laquelle les Noirs s’étaient battus jusqu’à la mort ? Une dictature. Et l’indépendance gagnée après 100 ans de colonialisme ? Une soumission face à un régime brutal.

Grâce au soutien du Prix Carmignac Gestion du photojournalisme, c’est ce bilan que je suis parti illustrer au Zimbabwe – 32 ans de violence dans un pays sur le déclin.

J’ai beaucoup voyagé pendant les mois passés là-bas. Je devais veiller à toujours conserver une longueur d’avance sur les informateurs, la police, les agents des renseignements et les soi-disant vétérans de guerre aujourd’hui corrompus par le gouvernement Mugabe. Les forces de l’ordre m’ont arrêté à deux reprises. J’ai passé 26 jours en prison, puis j’ai finalement été déporté et fiché comme "immigrant interdit". [...]

Cliquez ici pour lire la suite du texte de Robin Hammond (DP, PDF)

Rosepina (2)
Rosepina
Portrait (3)
Portrait
Bulawayo (4)
Bulawayo

(1) Poster de Mugabe

Affiche sur le mur d'un immeuble à Mbare. Robert Mugabe a célébré son 88e anniversaire cette année. Il est au pouvoir depuis que le pays a obtenu son indépendance en 1980. Fondée en 1907, Mbare est la banlieue la plus dense du Zimbabwe. Elle était à l'origine appelée « la ville d'Harare », un nom qui sera ensuite utilisé pour désigner la capitale. Harare vient d'Haarari, qui signifie « qui ne dort jamais ». 
Pour accueillir les hommes qui venaient travailler dans la capitale, la municipalité a fait construire des appartements Matapi et des hôtels à Mbare. Ces hommes travaillaient alors quelques jours puis retournaient auprès de leur famille dans les zones rurales. Aujourd'hui, ces appartements sont délabrés et gravement surpeuplés. De nombreuses pièces sont occupées par deux ou trois familles. En 2008, le quartier a vu déferler une vague mortelle de choléra. 

Une grande partie des structures « informelles » de Mbare a été détruite par la police et les forces militaires au cours de l'opération Murambatsvina en mai 2005. Le quartier constitue l'une des zones les plus instables politiquement du pays. Le gang Chipangano, une célèbre mafia et milice du Zanu-PF, patrouille dans la banlieue pour récolter des pots-de-vin et intimider les habitants, surtout en période d'élections. Mbare est devenue synonyme de maladie, de peur, de crime et de violence politique.

(2) Rosepina

Rosepina, 56 ans est séropositive. C'est Priscella, sa fille de 26 ans qui s'occupe d'elle. En 1997, l'épidémie de VIH au Zimbabwe a atteint un point haut avec 26,5 % de la population atteinte par le virus. En 2011, la prévalence estimée était redescendue à 14,3 %, même si beaucoup estiment que le chiffre réel est plus élevé. Environ 15 % des femmes enceintes sont séropositives, et la transmission mère-enfant est la deuxième source la plus importante de nouvelles infections, après les relations hétérosexuelles. Chaque année, 15 000 nouveau-nés sont infectés par leur mère. Avec les déplacements de masse et la misère noire qui sévit, la vie des Zimbabwéens séropositifs est encore plus difficile.

(3) Portrait

En juin 2008, cinq ouvriers du Movement for Democratic Change se préparaient pour le second tour des élections présidentielles. Trois soldats armés ont fait irruption dans leur bureau et ont tiré à bout portant sur deux des ouvriers, avant de dire aux autres de se coucher sur le sol.  Ils ont vidé un baril de 25 litres de pétrole sur eux, ont quitté le bâtiment, verrouillé la porte et jeté une bougie allumée à l'intérieur. Les trois survivants ont réussi à s'échapper lorsque l'un d'eux est parvenu à enfoncer la porte à coup de pied. Ils ont souffert de graves brûlures. "La pièce entière était en feu, nous n'étions que douleur et agonie. Nous pensions trop à nos enfants, à nos familles, et nous avons prié Dieu pour ce moment, Dieu Tout Puissant, puisses-tu nous aider..."

(4) Bulawayo

À Bulawayo, des centaines de personnes déplacées au cours de l'opération Murambatsvina furent relogées dans un immeuble délabré sans eau ni électricité. Ce devait être une mesure temporaire, mais sept ans plus tard, elles attendent toujours un logement décent. Ces bâtiments insalubres et surpeuplés sont devenus des foyers de violence politique.

*Ces quatre photographies ont été acquises par la Fondation Carmignac à l'issue de l'exposition.