Dans le cadre du festival Visa pour l’Image 2017 à Perpignan, la Fondation Carmignac a révélé l’identité de la lauréate du 8e Prix Carmignac du photojournalisme : la française Lizzie Sadin pour son projet sur l’esclavage des femmes et des filles au Népal.

Suite à l’appel à candidature lancé en juillet 2016, le jury, présidé par Monique Villa, a choisi de donner la voix aux femmes népalaises en sélectionnant le projet de Lizzie Sadin. Après 4 mois de reportage sur le terrain, de février à mai 2017, la photojournaliste a ramené un témoignage bouleversant sur un trafic humain basé sur le genre, et intégré dans la société népalaise.

Une exposition lui sera consacrée à l’Hôtel de l’Industrie à Paris à partir du 20 octobre 2017 ainsi que l’édition d’un ouvrage monographique.

Après le tremblement de terre dévastateur qui a tué 9 000 personnes et déplacé 650 000 autres en 2015, le quotidien de nombreux népalais a été bouleversé. Le chômage et cette extrême précarité attirent tous les jours de plus en plus de trafiquants qui se rabattent sur les femmes, particulièrement fragilisées.

Pour Lizzie Sadin, ce trafic basé sur la vente et la prostitution forcée des femmes et des filles par des « amis» ou même des membres de la famille, n’est pas seulement économique, il est culturel. Il touche le droit des femmes : le droit à recevoir une éducation adéquate, le droit de choisir son destin, le droit de vivre sans la peur de violences physiques ou psychologiques par son propre conjoint, le droit de ne pas être vendues ... C’est tout un système de croyances qui doit être renversé, celui qui, au Népal, définit les femmes comme inférieures aux hommes.

 

Lizzie Sadin - Prix Carmignac

 

La 8e édition du Prix Carmignac du photojournalisme est consacrée à l’esclavage moderne et son incidence sur les femmes.

L’Organisation internationale du travail (OIT) estime à plus de 2.5 millions de personnes les victimes de l’esclavage moderne et les femmes sont en première position. Elles représenteraient, selon Amnesty International, 80% de la traite des êtres humains, dont près de 50 % seraient mineures. Les types d’exploitation sont nombreux : sexuelle, travail forcé, esclavage domestique…

Les femmes sont d’autant plus vulnérables qu’elles sont peu protégées. Les pays d’Asie du Sud et du Sud-Est ainsi que les pays d’Europe centrale et de l’Ex-Urss sont les principaux fournisseurs de ces esclaves des temps modernes. Les femmes sont le plus souvent enlevées, quand elles ne sont pas vendues par leur propre famille ou embrigadées dans des réseaux.

Les conflits armés exacerbent les comportements discriminatoires et violents à l’égard des femmes. Au Liban, en Jordanie, en Turquie, de nombreux camps de réfugiés syriens ont vu le jour. Ces réfugiés constituent une proie facile pour les réseaux à l’affût de «marchandises». Au Nigéria, dans la région du Darfour, à l’ouest du Soudan, en République démocratique du Congo, des femmes et des fillettes sont l’objet de rapts, pour servir d’esclaves sexuelles ou de domestiques à leurs ravisseurs.

Présidée par Monique Villa, Directrice Générale de la Fondation Thomson Reuters et Fondatrice de Trust Women, la 8e édition du Prix Carmignac du photojournalisme a pour objectif de rendre visible ces formes modernes de l’esclavage en soutenant un projet qui puisse devenir un outil de réflexions et d’échanges concret pour la lutte contre la traite des femmes.

Les membres du jury sont:

  • Elizabeth Avedon, commissaire indépendante spécialisée en photographie
  • Francesca Fabiani, Projets Spéciaux Photographie, Département Art contemporain et Architecture, Ministère de la Culture, Italie 
  • Thierry Grillet, Directeur à la Diffusion culturelle de la Bibliothèque nationale de France (BNF)
  • Olivier Laurent, Rédacteur en Chef de Time Lightbox
  • Élisabeth Quin, journaliste et écrivain - Présentatrice de 28 Minutes sur Arte
  • Narciso Contreras, lauréat de la 7e édition du Prix Carmignac